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the wire, march 2008

Will Menter
Bouts de bois
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J'aimais
depuis longtemps les sons simples de la nature, le vent
dans les arbres, l'eau qui coule, la mer, les cailloux qui
s'entrechoquent... J'étais également à la recherche d'une
interface entre ces sons et la musique. Lorsqu'on entend
un son, à quel moment sait-on qu'il s'agit de musique ou
d'un son naturel ? |
Qu'est-ce
que le son ? Qu'est-ce qui le constitue ? Et surtout quelle
est son apparence ? Cette dernière question, figurant en
exergue de Bits of Wood, un
livre du plasticien, musicien et sculpteur sonore Will Menter
trouvera un écho différent en chacun d'entre nous. Pour
certains, elle prendra la forme d'un vieux piano jouet résonant
encore des accords approximatifs de l'enfance, d'un brin
d'herbe transformé en sifflet ou, plus simplement encore,
de deux mains réunies au travers desquelles le souffle cherche
à imiter le cri d'un coucou.
Avant
de s'installer en France, le saxophoniste et compositeur
Will Menter a vécu son enfance et sa jeunesse dans son pays
d'origine, l'Angleterre. D'une adolescence passée à l'écoute
des disques de Miles Davis, John Coltrane ou Ornette Coleman,
il a gardé un goût prononcé pour les musiques improvisées
et les recherches musicales. Il a pratiqué l'improvisation
libre au sein de différentes formations, dont Overflow,
un groupe jouant exclusivement sur instruments en plastique,
et au sein du trio Both Hands Free. Sa passion pour l'invention
sonore a démarré très tôt, puisque c'est vers l'âge de dix-sept
ans qu'il a construit sa première guitare. Depuis, il a
progressivement délaissé le terrain de la pratique instrumentale
traditionnelle pour celui de la sculpture et des installations
sonores, avec une prédilection pour des travaux mettant
en valeur les éléments naturels tels que bois, ardoise,
eau, terre et acier.
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| [les
installations sonores de Will Menter] semblent
ajouter une dimension synesthésique au regard,
qui ne sait plus s'il entend ce qu'il voit
ou s'il voit ce qu'il entend. |
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Bouts
de bois offre une trace visuelle, sonore et textuelle de
ce parcours musical exigeant et singulier, sous la forme
de nombreuses photographies couleur et d'un cd rassemblant
huit pièces sonores composées et enregistrées au Luxembourg
ou en France. Ce qui frappe lorsque l'on découvre ces images,
c'est l'osmose totale qui existe entre l'aspect plastique
des sculptures et leurs musiques. La petite phrase liminaire
interrogeant l'apparence du son prend alors tout son sens.
Les installations de Will Menter s'épanouissent au sein
des environnements les plus divers, au coeur d'un entrepôt,
à l'orée d'un bois ou au milieu de ruines. Loin d'alourdir
le paysage, elles semblent ajouter une dimension synesthésique
au regard, qui ne sait plus s'il entend ce qu'il voit ou
s'il voit ce qu'il entend. Elles sont le reflet d'une fréquentation
quasi quotidienne de la nature et d'une écoute attentive
de ses bruits.
« Dans des années, quand mes bras
commenceront à fatiguer, je laisserai la tronçonneuse prendre
le relais. Alors le casque antibruit étouffera le tintement
clair des bûches. Ou, plus tard encore, il suffira d'un
coup de téléphone pour commander une remorque de bois et
le plaisir se trouvera tout entier contenu dans les vingt
ou trente secondes qu'il faut aux bûches pour dévaler de
la remorque levée jusqu'au sol… ce moment viendra réveiller
en moi tous les souvenirs de travail avec le bois, et possédera
une richesse proche d'une certaine plénitude.
»
Will Menter compose avec le bois une partition discrète,
presque zen, idéale pour accompagner tous les instants et
toutes les danses de la vie.
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